Le ministère de l’Economie et des Finances, à travers la Coordination nationale de lutte contre la fraude, organise le premier colloque international sur la lutte contre la fraude, du 6 au 8 avril 2026, à Ouagadougou, sur le thème : « La lutte contre la fraude dans le contexte de défi sécuritaire dans l’espace AES : enjeux, Résilience des systèmes et perspectives d’action ».
Déjà unis sur le front sécuritaire, les pays de la Confédération des Etats du Sahel (AES) veulent, dans une synergie d’actions, aller en croisade contre la fraude, qui constitue un obstacle à la marche vers leur souveraineté économique et financière.
Conformément à cet objectif, le ministère de l’Economie et des Finances, à travers la Coordination nationale de lutte contre la fraude (CNLF), organise du 6 au 8 avril 2026, à Ouagadougou, le premier colloque international sur la lutte contre la fraude, sur le thème : « La lutte contre la fraude dans le contexte de défi sécuritaire dans l’espace AES : enjeux, Résilience des systèmes et perspectives d’action ».
Placé sous le haut patronage du Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, la Présidence du ministre de l’Economie et des Finances, Aboubakar Nacanabo et sous le parrainage du ministre conseiller spécial du président du Faso, chargé de la lutte contre la corruption et de la bonne gouvernance, Isidore Tiemtoré, cette rencontre réunit experts, décideurs, praticiens et partenaires venus des pays de l’AES.
Pour le coordonnateur national du CNLF, Mohamadi Compaoré, dans ce contexte où la fraude ne se contente plus d’affaiblir les finances publiques, mais alimente et entretient les menaces qui pèsent sur la stabilité des Etats, ce rendez-vous se veut un cadre de réflexion stratégique, d’échanges d’expériences et de construction de réponses. Durant ces 72 heures, les échanges vont s’articuler autour des manifestations et effets de la fraude, des défis et stratégies de résilience, l’appréciation des instruments de lutte, les expériences étrangères et les perspectives d’amélioration de la lutte contre la fraude. « Cette organisation vise à favoriser un dialogue approfondi et constructif, permettant de tirer des enseignements concrets et de dégager des recommandations adaptées au contexte sécuritaire et institutionnel de l’espace AES », a-t-il indiqué.
Réponse holistique à un phénomène systémique
Le ministre de l’Economie et des Finances, Aboubakar Nacanabo, a salué la pertinence de ce colloque, au regard des effets dévastateurs de la fraude sur les l’économie mondiale, les pays en développement et le Sahel en particulier. « La fraude, fléau mondial, affecte gravement les économies, fragilise les systèmes fiscaux et douaniers, érode la confiance des citoyens envers les institutions et prive les Etats de ressources essentielles à la mise en œuvre de leurs politiques publiques », a-t-il souligné.
Preuve de l’ampleur du phénomène, les pertes annuelles liées à la fraude représenteraient environ 5 % du produit intérieur brut mondial, les flux financiers illicites drainent annuellement près de 1 000 milliards de dollars hors des économies en développement ; au Burkina Faso, les flux financiers dans le secteur minier sont estimés à plus de 3000 milliards F CFA, au cours de la dernière décennie, soit l’équivalent d’une année de recettes fiscales, a-t-il relevé. « Ces ressources détournées ou éludées représentent autant de manques à gagner pour financer la sécurité, l’éducation, la santé et les infrastructures. Dans un contexte où chaque franc compte, la fraude devient ainsi un défi économique, mais aussi un défi de souveraineté », a souligné le ministre Nacanabo. Face à ce phénomène multidimensionnel (fraude fiscale, douanière, contrebande, corruption) et systémique, la réponse doit être holistique, et aller au-delà de l’opérationnel, pour s’ancrer dans la réflexion stratégique, pour une efficacité dans la durée, a-t-il fait savoir. « Dans un contexte où les défis sécuritaires imposent une mobilisation accrue des ressources internes, il est impératif de renforcer l’efficacité de nos dispositifs de lutte contre la fraude, d’améliorer la coopération entre Etats de l’AES et de tirer parti des outils technologiques et des meilleures pratiques internationales », a-t-il insisté
Et d’ajouter que le gouvernement burkinabè attend beaucoup du colloque qui est en phase avec le nouveau Plan national de développement (PND 2026-2030), RELANCE. « Les conclusions de vos travaux devront déboucher sur un document scientifique de référence, capable d’éclairer et d’orienter l’action gouvernementale dans la lutte contre la fraude. (..) Ensemble, faisons-en sorte que ce colloque marque un tournant décisif dans notre combat contre la fraude, au service de la souveraineté économique, de la justice fiscale et de la stabilité de notre espace commun », a lancé le ministre Nacanabo.
Mahamadi SEBOGO
Windmad76@gmail.com



