Niamey, 20 Mai (ANP) – Le Ministre de l’Économie et des Finances, M. Mamane Laouali Abdou Rafa a déclaré, le mercredi 20 Mai 2026, que la grande irrigation constitue aujourd’hui un levier majeur de transformation de l’économie nigérienne, en permettant l’accroissement des capacités de production agricole et la diversification des cultures à travers des résultats chiffrés en nette progression.
Le ministre a indiqué que la production céréalière nationale dépasse en moyenne 3,4 millions de tonnes pour le mil et environ 1,7 million de tonnes pour le sorgho, soit plus de 5 milliards de kilogrammes de céréales par an. Selon lui, ces performances traduisent la capacité du secteur agricole à soutenir la sécurité alimentaire du pays.
Le Ministre a cité les progrès enregistrés dans les cultures maraîchères grâce aux aménagements hydro-agricoles, notamment le poivron, dont la production est passée d’environ 291.000 tonnes en 2022 à 372.000 tonnes en 2025. Il a également évoqué la tomate, dont la production est passée d’environ 382.000 tonnes à 728.000 tonnes sur la période 2023–2025, ainsi que la pomme de terre, en hausse de 329.000 tonnes à 423.000 tonnes.
Il a ajouté que la production du chou est passée de 521.000 tonnes en 2022 à 687.000 tonnes en 2025, tandis que le manioc est passé d’environ 1.130.000 tonnes à 1.300.000 tonnes, confirmant une dynamique globale de croissance agricole.
Le Ministre de l’Économie et des Finances a également souligné l’émergence de la production nationale de blé, estimée à environ 200.000 tonnes, ainsi que les performances du secteur de l’élevage, marqué par une hausse du cheptel bovin, passé d’environ 17,1 millions de têtes à 20,3 millions de têtes, en plus des progrès enregistrés dans les ovins, caprins et volailles.
Selon toujours le ministre, ces résultats confirment que la grande irrigation est devenue un véritable « game changer » pour l’économie nationale, en renforçant les capacités de production et en préparant la phase de transformation industrielle.
Le Ministre a indiqué que la prochaine étape consiste à développer des unités industrielles de transformation, notamment pour le mil et le sorgho. Il a estimé que la transformation de seulement 2 milliards de kilogrammes de céréales à un prix moyen de 50 FCFA/kg pourrait générer environ 100 milliards de FCFA de recettes, en plus des revenus destinés aux producteurs.
Il a rappelé que le secteur agricole mobilise près de 80 % de la population active, contre une contribution très faible en emplois directs du secteur pétrolier.
Abordant la circulation de l’argent dans l’économie, le Ministre a expliqué que les sanctions communautaires ont entraîné une baisse des recettes douanières et fiscales, en raison de la fermeture des corridors commerciaux et du ralentissement des importations.
Il a également évoqué l’impact de l’arrêt des activités de certaines sociétés minières, notamment dans le secteur de l’uranium, qui a affecté les recettes de l’État et conduit à la révision du budget de 2023, passé d’environ 1.981 milliards de FCFA à un niveau réduit de moitié.
Le Ministre a toutefois précisé qu’à partir de 2024, les finances publiques ont connu une reprise, avec une exécution budgétaire estimée à environ 2.913 milliards de FCFA, contre environ 2.740 milliards en 2025, avec des perspectives de consolidation à près de 2.922 milliards en 2026.
BAZ/AS/ANP 0250 mai 2026


