Lorsque le Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré ne cesse de clamer que nous n’avons que faire de la démocratie parlementaire bourgeoise et s’attire de ce fait le courroux des exégètes de cette « dévolution exemplaire » du pouvoir, la situation politique sociale et sécuritaire dans laquelle se trouve actuellement la France, vient corroborer ses propos, sur ce qu’il est convenu d’appeler plutôt un leurre, non seulement dans son acceptation première mais surtout dans son mode de gestion qui exclut une grande partie du peuple, principalement les couches défavorisées.
Faut-il le rappeler, ce système de gouvernance a été inventé dans la Grèce et la Rome antique par l’aristocratie militaire et civile ainsi que les praticiens pour prétendument défendre les intérêts de la plèbe, alors qu’il servait plutôt à maintenir leurs privilèges et à les enrichir par le biais des fiefs et des domaines qu’ils se taillaient dans ces agoras démagogiques. Plus tard, l’instauration de la royauté dans l’Europe du « deep âge », a accentué cette tyrannie et cette exploitation par le biais du servage qui a duré jusqu’au siècle dit des lumières, lumière qui soit dit en passant est venue d’Afrique avec les Maures (des noirs en fait) qui avaient apporté la science en Espagne et au Portugal, faisant de ces deux pays les premières puissances occidentales de l’époque.
Un leurre démocratique que les révolutionnaires européens puis leurs successeurs républicains ont perfectionné d’abord à travers le suffrage censitaire (seuls les riches avaient le droit de vote) puis universel (?) toujours dans le but de défendre leurs « droits acquis. » Les banquiers avaient entre-temps remplacé les féodaux et les aristocrates dans le rôle de garants de ce système prédateur. Et comme l’appétit vient en mangeant, l’ultralibéra-lisme a fini par prendre le pas sur ces démocraties chrétiennes qui prétendaient prôner un libéra-lisme-progressiste (sic).
Deux notions antagonistes qui ne pouvaient qu’aboutir au chaos actuel un peu partout en Occident étant donné que partout où il y a oppression, il y a résistance et lutte. Implémentée chez nous, cette démocratie parlementaire s’est muée en ploutocratie ou en kleptocratie avec les masses populaires au centre de cette duperie où les voix s’échangeaient contre du riz gras, des billets bleus et divers gadgets. Un trompe-œil… que le peuple burkinabè a censuré à maintes reprises à travers des insurrections et des grèves générales très suivies. Héritier de cette longue tradition de lutte et bien au fait de l’ADN burkinabè, le président du Faso peut donc dire à bon droit que ce système est inadapté sous nos cieux. Ce que le peuple veut, c’est du pain, de l’eau, de la santé et de l’éducation. Et à tous les moments de son histoire il a reconnu les siens. Le reste relève des élucubrations et des thèses libres des pseudos démocrates. Et, Macron qui a plongé son pays dans un marasme économique et social sans nom sera bientôt payé pour le savoir.
Boubakar SY


